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 Les Metamorphoses d'Ovide en Latin et François, divisées en XV Livres

Les Metamorphoses d'Ovide en Latin et François, divisées en XV Livres. Avec de Nouvelles Explications Historiques, Morales & Politiques sur toutes les Fables, chacune selon son sujet.

Amsterdam. Chez P & J Blaev, Janssons à Waesberge, Boom & Goethals.

1702

De la traduction de Mr Pierre Du-Ryer Parisien, de l'Academie Françoise. Edition nouvelle, enrichie de très-belles Figures. In-folio. 568 pages. Texte en Latin et Français. Titres en rouge et noir. Perte de papier réparé à l'expert au coin des 4 premières pages et de la dernière page (sans perte de texte). Il manque les trois feuilles finales de l'Epitre de Laodamie à Protesilas. Maroquin marron pressé et poli, nouvelle reliure, sept nerfs et fleurons dorés au dos, filet double doré sur les plats, titres dorés sur maroquin rouge. Les réparations et la reliure faites à l'expert par Bayntun de Bath. 125 planches gravées. 

From the translation of Mr Pierre Du-Ryer, Parisian, Member of the Academie Française. New Edition, with fine Engravings. Folio. 568 pages. Text in Latin and French. Title page printed in red and black. Expertly repaired paper loss to top right corner of first 4 pages and last page (no loss of text). Lacking final three leaves of the Epitre de Laodamie à Protesilas. Recent crushed and polished dark brown morocco, seven raised bands and gilt decoration on spine, double line decoration on front and back covers, gold titles on red morocco to spine. Repairs and rebinding expertly carried out by Bayntun of Bath. 125 lively engravings. 

Ovid Metamorphoses : Les Metamorphoses d'Ovide : The Creation

 

 

 

Ovid Metamorphoses : Les Metamorphoses d'Ovide : The Creation of Man

 

 

 

Ovid Metamorphoses : Les Metamorphoses d'Ovide : The Age of Gold

 

 

 

Ovid Metamorphoses : Les Metamorphoses d'Ovide : Problems arise

 

 

 

Ovid Metamorphoses : Les Metamorphoses d'Ovide : Jupiter decides to destroy the Universe

 

 

Ovid, Metamorphoses : Book I, Myth V : The Giants declare war on the Gods.

 

 

 

Ovid, Metamorphoses : Book I, Myth VIII : The Flood

 

 

Ovid, Metamorphoses : Book I, Myth IX : Poseidon recalls the waters of the Flood

 

 

Ovid, Metamorphoses : Book I, Myth X : Deucalion and Pyrrha repeople the earth in a marvellous manner.

 

 

 

 

Introduction: 

Advertisement : Il ne faut pas s'imaginer qu'on ait inventé la Fable seulement pour le plaisir. C'est un chemin rempli de Roses que les anciens ont trouvé pour nous conduire agréablement à la connoissance de la Vertu; Et l'on peut dire, ce me semble, que c'est la Sagesse même qui se dépouille pour quelque tems de ce qu'elle a d'austere et de sérieux, pour se jouer avec les hommes, et les instruire en se jouant.

(It should not be imagined that Myths were invented just for pleasure. It is a path of Roses which the Ancients found to lead us pleasurably to the knowledge of virtue. And it seems to me that one could say that Wisdom sheds for a while what it has of the austere and the serious to play with men, and to instruct them while playing.)

En effet si l'on considere bien les Fables que l'Antiquité nous a laissées, l'on trouvera qu'elles contiennent ce qui'il y a de plus éxcellent dans les Sciences les plus nobles. L'on y découvre les plus beaux Secrets de la Morale et de la Physique, et même de cette Science que tant de monde croit savoir, et que tant de monde ne sait pas, je veux dire la Politique.

(In effect, if the Myths which have been left to us from Antiquity are considered justly, it will be found that they contain the most excellent things of the most noble Sciences. The most sublime Secrets of Moral and Natural Philosophy, and even of that Science which so many believe they know, but which so many do not in fact know, I mean of Political Philosophy.)

Aussi les Sages de l'Antiquité ont voulu qu'elles fussent, pour ainsi parler, le premier lait que l'on fit succer aux Hommes, parce que c'est comme un aliment qui passe aisément dans l'Esprit, qui l'entretient agréablement, et qui le rend enfin capable d'une nourriture plus solide.

(The Wise Men of Antiquity also thought fit that the Myths should be, so to speak, the first milk given to Men, because they are like a food which passes easily into the Spirit, which succours him, and which makes him finally capable of more solid nourishment.)

Mais pour passer plus avant, je ne sai si la Fable même n'est point cette nourriture solide, qui en rendant les hommes plus forts, les rend aussi plus raisonnables? Et pourquoy n'en aurions-nous pas ce sentiment, puis qu'elle apprend à se gouverner dans l'une et dans l'autre Fortune, puis qu'elle détourne l'esprit des passions déréglées, puis qu'elle apprend à craindre Dieu?

(But to go further, I am not sure that Myth itself is not this solid nourishment, which, in making men stronger also makes them wiser. And why is this idea inappropriate when it is clear that Myth teaches us to maintain ourselves in good or bad fortune, since it turns us away from the violent passions, since it teaches us to fear God?)

Car que nous veut-elle signifier quand elle nous fait voir Apollon, qui garde les Troupeaux d'Admete, si ce n'est qu'il faut s'abbaisser, et se soumettre courageusement, quand le Ciel nous en advertit par les infortunes qu'il nous envoye? Ne nous apprend-elle pas par l'éxemple de Lycaon, par la soif de Tantale, et par la peine d'Ixion, à fuir la cruauté, à condamner l'avarice, à détester les impuretez, et las convoitise? Et enfin par le tonnerre dont elle arme son Jupiter, ne veut-elle pas nous enseigner cette crainte salutaire, qui vaut seule toutes les Vertus, je parle de la crainte de Dieu?

(For what is meant when we are shown Apollo looking after the herds of Admetus, if it is not that we must humble ourselves and submit courageously when Heaven demands it by the misfortunes it sends? Are we not taught by the example of Lycaon, by the thirst of Tantalus, by the toils of Ixion, to avoid cruelty, to condemn avarice, to detest impurity and covetousness? And finally, by the thunder with which she arms her Jupiter, are we not taught this salutary fear, which is itself worth all the other virtues, I mean the fear of God?)

Il ne faut donc pas s'imaginer que la Fable soit inutile, et que ce soit l'invention d'un Esprit qui veut se jouer, et qui se soucie peu de l'édification  des autres, pouveu qu'il se divertisse. Autresfois tous les préceptes de la Sagesse étoient enfermés dans les Fables; et devant le siécle de Platon, d'Aristote, et des autres Sages, on ne montroit pas clairement la Philosophie, mais sous des voiles, et par des énigmes. Car les Grecs l'ayant receue des Egyptiens, et apportée d'Egypte en Grece, ne voulurent pas découvrir au peuple les merveilles qu'elle contient, et la cacherent sous des Fables.

(It must not be imagined that Myth is not useful, and that it is merely the invention of a playful Spirit which is little concerned with the edification of others, so long as it amuses. In past times, all the precepts of Wisdom were wrapped up in the Myths; and before the century of Plato, Aristotle and the other Wise Men, Philosophy was not shown clearly, but rather under wraps, and through enigmas. For the Greeks, having received it from the Egyptians, and brought it from Egypt into Greece, did not want to show the people the marvels it contained, and hid it in the Myths.)

Ainsi l'on peut dire que la Fable est las dispositaire de la Philosophie; que si c'est un corps fantastique, il a au moins une ame raisonnable; et que c'est un beau mensonge, qui ne cache la Verité que pour la faire parêtre plu pompeuse, et plus triomphante.

(Thus one could say that Myth is the repository of Philosophy; that if its body is fantastical, it has a rational soul; and that it is a beautiful lie, which only hides the truth to make it seem more splendid and more triumphant.)

Mais comme parmi les Pierres precieuses il y en a quelques-unes de plus grand prix que les autres, tout de même parmi les Fables il y en a qui excellent, et qui sont d'un si haut mérite, qu'on peut dire raisonnablement, que quiconque les comprend bien, n'ignore rien de ce que l'Homme doit sçavoir. Or entre les plus éxcellentes, les Métamorphoses d'Ovide tiennent sans doute le premier rang: Mais bien que ce qu'on en void d'abord soit agréable et merveilleux, néanmoins ce qu'on en void n'est pas ce qu'elles ont de plus digne de plaire et d'être admiré. Elles ressemblent à de belles fleurs dont l'éclat plaìt à la veüe, mais qui sont plus à estimer par les vertus qu'elles cachent, que par la beauté qu'elles montrent. Aussi tâcherons-nous de les éxpliquer, et de faire au moins un essay, si nous ne sommes pas capables de faire un Ouvrage achevé; car je croirois ne les avoir traduites qu'à demy, si je ne m'efforçois d'en découvrir et l'esprit et l'intention.

(But as among the precious Stones there are some which are more valuable than others, there are similarly those Myths which are more excellent, and which are of such a high merit, that he who understands them well, knows everything a man needs to know. And among the most excellent, those of the Metamorphoses of Ovid stand without a doubt in the first rank. But though what one sees at first is both agreeable and marvellous, what one sees is not that which is most admirable or most pleasing. The Myths resemble beautiful flowers pleasing to the eye, but which are more to be valued for the qualities which they hide than for the beauty which they show. We should therefore try to explain them, or at least to make an effort towards that understanding even if we cannot wholly achieve it; for I would think I had only done half the job of translation if I had not made an attempt to reveal both the spirit and the intention behind them.)

Au reste cét Ouvrage porte le nom de Métamorphoses, c'est à dire Transformations ou changemens, parce que les hommes y sont changez en autres choses que ce qui'ils étoient. Mais ces changemens fabuleux sont des instructions véritables, qui font voir la difformité du Vice, et qui enseignenet à l'éviter en même tems qu'elles le font haïr. Car ce ne seroit pas assez de nous avoir inspiré de la haine pour un ennemi, si l'on ne nous montroit aussi les moyens de nous en défendre, et d'en obtenir la victoire.

(Finally, this Work bears the name of Metamorphoses, that is to say, Tranformations or Changes, because men are changed into things other than what they were. But these fantastic changes are true lessons, which show us the deformity of Vice, and which teach us to avoid it at the same time as making us hate it. Because it would not be enough to teach us to hate the enemy without showing us also the means of defending ourselves and of obtaining the victory over it.)

 

 

 

 

Price : £800

 

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